lullaby in black & white


plus rien by Atka Kevlarsjal
Setembre 14, 2008, 3:48 pm
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He estat revisant els arxius del bloc i ja fa un mes i mig de l’última recomanació musical amb entrada pròpia, així que he pensat que no seria excessiu fer-ne una altra. I menys encara si és una recomanació amb historieta al darrere. Es tracta de la cançó “Plus rien“, del grup quebequès Les Cowboys Fringants, i la vaig descobrir a la sala d’estar del Sentrum Pensjonat d’Oslo. Un irlandès, dos suïssos i jo mateixa estàvem tenint una sobretaula molt entretinguda amb un iPod i uns altaveus que animaven l’ambient, quan de sobte va començar a sonar això:

Em vaig quedar captivada, i un dels nois suïssos -francòfon – em va explicar de que parlava la cançó. La lletra parla dels últims minuts de la vida de l’últim supervivent humà de la història:

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures
je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

On m’a décrit jadis, quand j’étais un enfant
Ce qu’avait l’air le monde il y a très très longtemps
Quand vivaient les parents de mon arrière
grand-père
Et qu’il tombait encore de la neige en hiver

En ces temps on vivait au rythme des saisons
Et la fin des étés apportait la moisson
Une eau pure et limpide coulait dans les ruisseaux
Où venaient s’abreuver chevreuils et orignaux

Mais moi je n’ai vu qu’une planète désolante
Paysages lunaires et chaleur suffocante
Et tous mes amis mourir par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches…
Jusqu’a c’qu’il n’y ait plus rien…
Plus rien…
Plus rien…

Il ne reste que quelques minutes à ma vie
Tout au plus quelques heures,
je sens que je faiblis
Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier humain de la terre

Tout ça a commencé il y a plusieurs années
Alors que mes ancêtres étaient obnubilés
Par des bouts de papier que l’on appelait argent
Qui rendaient certains hommes
vraiment riches et puissants

Et ces nouveaux dieux ne reculant devant rien
Étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins
Pour s’enrichir encore ils ont rasé la terre
Pollué l’air ambiant et tari les rivières

Mais au bout de cent ans des gens se sont levés
Et les ont avertis qu’il fallait tout stopper
Mais ils n’ont pas compris cette sage prophétie
Ces hommes-là ne parlaient qu’en termes de profits

C’est des années plus tard qu’ils ont vu le non-sens
Dans la panique ont déclaré l’état d’urgence
Quand tous les océans ont englouti les îles
Et que les inondations ont frappé les grandes villes

Et par la suite pendant toute une décennie
Ce fut les ouragans et puis les incendies
Les tremblements de terre et la grande sécheresse
Partout sur les visages on lisait la détresse

Les gens ont dû se battre contre les pandémies
Décimés par millions par d’atroces maladies
Puis les autres sont morts par la soif ou la faim
Comme tombent les mouches…
Jusqu’à c’qu’il n’y ait plus rien…
Plus rien…
Plus rien…

Mon frère est mort hier au milieu du désert
Je suis maintenant le dernier le humain de la terre
Au fond l’intelligence qu’on nous avait donnée
N’aura été qu’un beau cadeau
empoisonné

Car il ne reste que quelques
minutes à la vie
Tout au plus quelques heures,
je sens que je faiblis
Je ne peux plus marcher, j’ai peine à respirer
Adieu l’humanité…
Adieu l’humanité…

Encara em vaig quedar més captivada. Fa unes hores que sóc a Barcelona, i ja he escoltat la cançó diverses vegades. Cada cop em convenç més: la progressió en intensitat que té, el to melancòlic, i la manera com acaba. No sé perquè – portser perquè el grup és quebequès? – però la cançó em far pensar en els indis nordamericans. Com a extres, el vídeoclip és també molt especial, i el grup inclou a la pàgina web l’explicació de com es van idear i escriure diverses de les seves cançons, entre elles “Plus rien”:

C’est en revenant d’une conférence d’Hubert Reeves à Châteauguay qu’a commencé à germer l’idée de la chanson Plus rien. L’astrophysicien avait commencé sa présentation en disant quelque chose du genre : « (…) dans l’histoire de la planète terre, il y a eu cinq extinctions majeures (celle qu’on connaît le plus est celle des dinosaures) et elles ont toutes été la conséquence de phénomènes naturels (météorites, changements de température, etc…). La sixième extinction pourrait bien être celle de l’être humain. Et ce sera la première fois qu’une espèce sera directement responsable de son extinction (…) » J’étais dans ma voiture avec Jérôme et je réfléchissais à tout ça. Même si ce sont des hypothèses, je ne sais pas pourquoi mais j’ai plus tendance à croire les prévisions environnementales d’un Hubert Reeves que celles de Georges W. Bush, Paul Martin ou autres PDG de multinationales. Je lui ai alors dit qu’il fallait absolument faire une chanson à ce sujet. C’est resté là.

Quelques jours plus tard, j’ai pensé écrire un texte dont le narrateur serait le dernier humain de la terre. Dans la chanson, il exprimerait son grand désarroi face à la catastrophe qui n’a pu être évitée, tout en relatant les faits historiques hypothétiques qui ont conduit à cette catastrophe. Je trouvais l’idée excellente ! Tellement que j’ai composé la chanson en une heure. Quand je l’ai fait écouter aux autres, ils étaient bouche bée. Ils disaient que c’était très beau mais aussi très sombre. Moi, j’étais tellement excité que je n’avais pas vu à quel point le texte était dramatique. C’est quelques jours plus tard que je me suis rendu compte de la lourdeur du récit. Mais bon que je me suis dit, on ne peut pas toujours parler de Gina Pinard dans la vie !

Un detall, per cert, que com a aficionada a la música agraeixo molt. Llàstima que no sigui una cosa gaire estesa. En tot cas, les altres cançons de Les Cowboys fringants que és escoltat també sonen la mar de bé, així que intueixo que aquest grup ha entrat a la meva vida per quedar-s’hi, més enllà de la sobretaula a Oslo, amb el punt que tenen els grups o les cançons que estan estretament lligats a moments especials que hem viscut. A veure què us sembla a vosaltres… Per cert, sé que aquesta frase la repeteixo molt, però el directe d’aquesta cançó ha de ser, com a mínim, espectacular. I toquen a l’Olympia a París el proper febrer. Quina temptació!

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